Ceucidit

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14 avril 2008

Parlons-en des médias !

J'ai découvert il y a peu l'Atelier des médias. Vous aurez d'ailleurs sûrement noté (puisque vous êtes des lecteurs attentifs...) l'apparition dans la colonne de gauche d'un lien s'y référant. L'Atelier des médias c'est une communauté de personnes ayant un intérêt pour l'étude des pratiques et des bouleversements du journalisme. Sous la forme d'un site web participatif, de nombreux sujets y sont abordés sur le fond et la forme du journalisme tel qu'il se présente actuellement mais aussi sur ses évolutions.

L_Atelier_des_m_dias

Philippe Couve en est le principal rédacteur. Celui-ci anime cette communauté dans le but de rechercher et d'approfondir des angles intéressants à traiter lors de son émission quotidienne sur RFI (Radio France International). Cette web-émission participative a du fait de sa diffusion sur RFI l'avantage d'attirer les internautes d'autres pays. L'Atelier des médias joue également la carte du pluri-médias en diffusant des podcasts, des vidéos, des photos et des articles dont les contenus sont souvent propices à la réflexion. J'aime vraiment la ligne éditorial du site car, les sujets y sont abordés avec beaucoup de recul par les différents intervenants.

Interm_dias

Découvert il y a peu aussi sur ce site l'existence d'une même communauté en Belgique. Là le site s'appelle Intermédias. Le fonctionnement y est similaire puisqu'il s'agit de préparer et de réagir à des sujets de l'émission diffusée sur la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone). Les contenus et les réactions sont plus locales mais elles restent de bonnes factures.

Posté par Ceucidit à 13:28 - Blogs - Internet - Journalisme - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

    l'atelier des medias...

    c'est comme l'atelier des chefs pour apprendre à cuisine un article en 25 minutes chrono et sans se couper ? 35 Euros la session verre de vin inclus.

    Pour redevenir un poil sérieuse, les medias sont en plein boum-le-versement et nous le vivons en direct. Ce qui n'avait finalement pas changé depuis le 19ème siècle est en train de muer en l'espace d'une poignée d'années.

    Quelle est ton analyse et que va-t'il en sortir à ton avis ?

    Posté par Cath, 17 avril 2008 à 20:01
  • Cath : je crois que personne ne sais exactement ce qu'il va en sortir. C'est pourquoi le sujet est débattu sans cesse. Nul ne sais exactement quel stratégie adapter car aucun n'est capable de définir ce qui va marcher. Ce dont on peut être sûr c'est que le numérique va prendre une place encore plus grande et que les médias et la presse en général seront moins figés. Le numérique permet de consulter des données n'importe où. La grande révolution sera d'avoir un contenu optimisé en fonction du support. Aujourd'hui nous en sommes à l'époque du copier/coller entre le papier et le numérique. Désormais beaucoup d'outils (vidéo, photo, podcast, écrit) permettent d'enrichir l'information mais personne ne sait vraiment en tirer le meilleur bénéfice. Cela boulverse le schéma traditionnel du métier de journaliste. Les blogs et internet d'une manière générale ont permis aux gens de prendre la parole et d'avoir de la visibilité sans intermédiaire. Ca a quelque peu détourné le canal habituel de l'info. Ce qui peut paraître une mauvaise chose pour la véracité et la qualité des infos est selon moi nécessaire à une remise en question profonde des journalistes. Cela va permettre par obligation de retourner aux sources du métier. C'est à dire qu'il va falloir apporter une réelle plus value par rapport aux blogueurs. Cela signifie qu'il va falloir faire plus d'investigation, d'enquête et de production de contenu. Après il faudra bien évidemment vendre ces infos. Le débat gratuit vs payant va évoluer car les annonceurs sont encore peu nombreux a investir et les modèles économiques ne sont pas encore au point. En ce qui concerne le papier celui-ci existera toujours je pense. Toutefois on risque de retrouver seulement les extrêmes. A savoir des articles de fond avec beaucoup de lecture et les gratuits d'aujourd'hui avec le strict minimum.
    La télé, elle va vers une offre de style VOD (video à la demande) avec beaucoup de séries et de documentaires. Il restera malgré tout des rendez-vous à heure fixe comme pour les diffusions d'évènements culturels et sportif ou politique lors des élections par exemple. Ces rdv permettront de continuer à avoir des sujets de conversation en commun lors des pauses cafés

    Posté par Ceucidit, 17 avril 2008 à 21:53
  • merci pour ton analyse

    mais dans tout cela, le résultat ne dépendra-t'il pas à ton avis de l'usager et de son usage ?

    Plutôt que du vecteur et de la mise en page de l'information ?

    Regarde le téléphone cellulaire, qui fait tout aujourd'hui (photo, vidéo, msn) sous la pression de l'usager ?

    Je reviens sur ta phrase :
    "Cela signifie qu'il va falloir faire plus d'investigation, d'enquête et de production de contenu. Après il faudra bien évidemment vendre ces infos"

    là est la question : qui sera prêt à payer cette 'info', les professionnels ou le grand public ?

    et quelle 'info' d'ailleurs ?

    Effectivement, la question est vaste et polémique. Elle va plus loin qu'une simple question de médias mais aborde les sujets fondamentaux de notre société en évolution.

    Posté par Cath, 21 avril 2008 à 18:42
  • Cath : oui tout à fait, c'est aux rédacteurs de contenus de s'adapter aux lecteurs. D'ailleurs dans le billet diffusé plus tôt chez moi où J.F Kahn donnait son point de vue sur la presse, il évoquait la nécessité de revoir le style et la longueur des articles pour être en phase avec la société actuelle. Le malaise dans les médias provient en partie de ce que l'on nomme l'inforexie. Les gens ne sont plus accro à l'info, il la délaisse. Ils ne sont plus curieux et ne cherchent plus à analyser par eux mêmes ! Il faut de l'info pré-maché ce qui explique certainement le succès des gratuits. Internet offre des possibilités de ce côté là, mais il faut s'en donner la peine (l'enquête sur Monsanto a été entièrement réalisé sur le net). Ce qui est inquiétant c'est la démission d'une partie de la population face aux questions de sociétés. La communication prends de plus en plus de place sur le journalisme et cela brouille les pistes et les esprits. Concernant le financement, il y en aura si il y a une demande d'info de qualité et c'est ça la grande question. Je pense que les médias en sont au même point que notre politique, c'est à dire à une époque charnière. Les repères ne sont plus aussi clair qu'avant et il faut passer ce cap pour retrouver une zone d'acalmie.

    Posté par Ceucidit, 21 avril 2008 à 21:35

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