Ceucidit

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25 avril 2008

Le web, sauveur ou fossoyeur du journalisme ?

Cette question qui ne présente que deux alternatives était le thème du débat organisé par le SNJ (Syndicat National du Journalisme) au CFPJ (Centre de Formation Pour les Journalistes) hier soir.

CFJQuatres journalistes travaillant pour le web y ont été invité pour partager leur point de vue.

Etaient présent (de gauche à droite sur la photo) :

- Vincent Nouzille, journaliste à Bakchich

- Philippe Couve, journaliste à RFI, à l’origine de l’Atelier des médias

- Philippe Cohen, rédacteur en chef de Marianne2.fr

- Gérard Desportes, journaliste à Médiapart

Présentation du débat :
“Les sites de presse, dépendant d’une rédaction «traditionnelle » ou autonomes, se sont déployés et multipliés depuis un an, cependant que nos conditions de travail continuaient à se détériorer, quelle que soit la forme de presse, quel que soit le support sur lequel nous travaillons. Comment nous sommes-nous appropriés ce nouveau média ou comment pouvons-nous encore le faire ? Faut-il en attendre le pire ou le meilleur ? "

La soirée pourrait se résumer en deux thèmes distincts.

Tout d'abord sur des questions et des interrogations sur les aspects financier liés au web

GDesportesG.Desportes - « Nous avons fait un pari un peu différent des autres sites, puisque nous avons choisi de dire que ce qui a un coût a un prix ! Internet même si c'est un peu moins cher que le papier, ça a un prix ! Aujourd'hui installer un logiciel d'édition, installer une ligne et des serveurs qui tiennent le coup, payer des gens qui vont faire la maquette ect, tout cela a un coût. C'est pour cela que nous avons choisi une formule avec abonnement. Chez Médiapart il n'y a que des salariés. On est 29 et il y a 26 journalistes. Tout le monde est en CDI sauf 4 personnes et l'échelle des salaires est de un à trois.

Je vais parler d'autre site et notamment de Rue89. Ils sont soit obligés de se payer avec les Assedics ou de vendre le savoir faire de leur marque pour faire des sites de conseils généraux. Je ne suis pas sûr que la vocation des sites indépendants des pouvoirs politiques et financiers ce soit de fabriquer un site pour un conseil général, fût-il du parti socialiste. Tout cela pour dire qu'il y a beaucoup d'hypocrisie dans la situation dans laquelle on est.

On assiste à un effondrement des masses salariales et des statuts lorsqu'ils existent. C'est d'autant plus problématique que l'on peut considérer que l'émergence de ces sites internet, y compris ceux qui sont adossés à des médias traditionnels ont eu un effet néfaste même sur le support papier. Il est évident que des quotidiens tels que Libération ou Le Monde ont grâce à leur site une diffusion bien supérieure. Autre hypocrisie, c'est que l'article qui se retrouvera sur le site web sera payé par les personnes qui auront acheté le journal. Pour les patrons de presse c'est tout bénéf, mais cela c'est fait finalement au détriment du papier. Ce qui m'inquiète aussi c'est de voir que du coup plus personne n'envoie de journalistes sur le terrain pour faire de l'enquête et du reportage.

Nous (Médiapart) on pense qu'un système basé sur l'audience est un système très mauvais car, il nécessite d'avoir beaucoup d'audience pour avoir beaucoup de publicité. A ma connaissance un site comme Rue89 a rentré les meilleures mois 30 000 euros de publicité et c'est très largement moins que ce qu'il faut. Il y a des mois il ne fait que 1000 euros donc il est évident que ça ne peux pas fonctionner. Un jour peut-être que cela marchera mais le risque c'est que l'audience et donc la rémunération se fasse sur une actualité people et peut-être pas sur ce sur quoi on est généralement attendu à savoir une information de qualité ».

CohenP.Cohen - « Je pense que c'est un peu déraisonnable de figer les choses. C'est à dire que G.Desportes a décrit une situation qui est celle d'aujourd'hui. Le coût lié à un certain nombre de consultations a un prix aujourd'hui qui n'est pas celui d'hier et qui sera certainement différent demain. Pour donner un exemple, la radio est un média qui a un fort taux de confiance en terme de qualité d'information. Hors que je sache elles fonctionnent majoritairement avec de la publicité. Moi ce que j'ai pu constater en ayant travaillé à Marianne1 et Marianne2, c'est que pendant très longtemps on a été sanctionné. On a eu au départ zéro publicité à cause du ton et de l'esprit du journal notamment par la grande distribution. On a été blacklisté ! Aujourd'hui ce que l'on constate c'est que sur le net les choses sont à la fois plus faciles et moins directement liées. On fait à peu près la moitié de l'audience de Rue89 selon Médiamétrie au mois de mars. Rue89 a été coté à 685 000 VU (Visiteurs Uniques) et Marianne à 365 000.

On a passé un contrat avec une régie dont le système tel qu'il est organisé aujourd'hui, ne permet pas aux annonceurs de savoir dans quels médias ils annoncent. Elle propose des « blows », c'est à dire qu'elle va voir les annonceurs pour leur vendre du millions de pages vues de « blow cadre », « blow jeune » ou « blow femme ». La pression publicitaire telle que on l'a connu dans le papier ne peut même pas exister.

A côté de ça je reconnais qu'il y a des problèmes. Par exemple si je fais un article sur la grève du Monde ou sur les Echos, je vais avoir 1500 ou 2000 visites maxi. Alors que si j'écris sur Marion Cotillard, Carla Bruni ou sur le SMS et bien ça va dépoter. Donc il y a un dilemme. Moi je ne suis pas là pour faire des papiers sur le SMS mais voilà je suis obligé de jouer un peu sur les deux. Mais je ne crois pas que les journaux papier ne soient pas également fondés sur des compromis entre les aspects séduisants et importants de l'information. Nous sommes aujourd'hui une demi douzaine à travailler à Marianne2. Après six mois d'activité nous avons un chiffre d'affaire par mois qui doit être entre 15 et 20 000 euros. Soixante-dix pour cent provient de la recette publicitaire et le reste c'est de la recette de revente. Mais grâce à Marianne2 il y a des gens qui s'abonnent au papier ».

P.Couve - « Je vais ajouter quelque chose qui me semble important. Quand on regarde un quotidien on trouve des pages qui coûtent chères à produire (enquêtes, reportages...) et d'autres beaucoup moins (tiercé, jeux...). Aujourd'hui sur Internet on ne produit que des informations qui coûtent chères. Personne ne veux faire des pages de services. Hors pour le papier les pages chères et moins chères forment un prix moyen à la page».

VincentNouzilleV.Nouzille - « Je vais dans le sens de ce qu'a dit P.Cohen. C'est à dire qu'aujourd'hui on ne sait pas trop quel modèle économique va s'imposer. On peut avoir des surprises. Par exemple il y a quelques mois on ne pensait pas trop que l'on allait pouvoir revendre notre contenu. On est gratuit mais on est en accord avec des journaux qui nous demandent de pouvoir reproduire une partie de nos articles. Ce n'est toutefois pas là-dessus qu'il faut compter pour fonctionner. Actuellement cela fait dix pour cent de nos revenus. Tout ça pour dire que l'on n'a peut-être pas encore exploité toutes les solutions possibles de financement. Les journaux en ligne non liés à un grand nom sont d'une fragilité économique extrême. Ça n'est pas les petits sites qui tentent d'émerger qui vont affaiblir la presse. Si elle souffre c'est d'abord de ses propres défauts ».

Et puis sur un plan plus technique, c'est à dire sur le traitement de l'information sur le net et sur l'évolution du métier.

P.Cohen - « J'ai l'impression que les sites qui sont adossés à des journaux ont une plus grande liberté de ton. A Marianne moi j'essaye de développer le slogan qui n'a pas été validé par la direction mais que j'aime bien qui est : Marianne2 c'est Marianne en plus net ! Une idée que je suis amené à moduler un peu, c'est l'interactivité dans les commentaires. On doit recevoir des milliers de commentaires chaque semaine. Il y a de tout ! Le problème c'est qu'ils peuvent être racistes, antisémites ou insultants. C'est un gros problème juridique que l'on peut avoir et qui coûte cher car la modération automatique ça a un coût. Mais en dehors de ça le journaliste qui fait une erreur, il a une heure ou une demi-heure après un commentaire lui disant « Ah tu t'es trompé, t'es nul » ! De ce point de vue là je pense que cela peut-être intéressant mais en ce moment on en est qu'à des constats qui peuvent être contradictoires entre certains aspects que je trouve séduisants et certains aspects que je trouve inquiétants ».

CouveP.Couve - «(répondant à une personne dans la salle) Est-ce que le journaliste doit savoir tout faire ? Je pense que oui ! Je m'occupe au CFPJ de la spécialisation au multimédia. L'idée n'est pas qu'il fasse tout en même temps mais qu'il sache faire de la vidéo simple, des photos, du son et écrire pour le web. Ensuite si il a un domaine d'excellence et bien tant mieux il ne peut pas être bon dans tous les domaines.

On parle depuis tout à l'heure d'un journalisme low-cost. Mais je pense qu'il ne faut pas raisonner comme cela. Il faut regarder comment les gens aujourd'hui accèdent à l'information et là il y a quelque chose qui a fondamentalement changé en l'espace de quinze ans. L'univers dans lequel on évolue a changé et donc notre rôle aussi. On n'est plus les seuls, on n'a plus le monopole de l'information. Aujourd'hui n'importe qui est capable de diffuser de l'info sur une web-radio, sur un site ou un blog pour pratiquement rien. On n'a plus besoin d'un journaliste pour être informé. Je ne dis pas que l'on sera bien informé mais je dis que moi je peux aller chercher des informations et les recouper sans passer par un site tenu ou écrit par un journaliste.

Je vais rebondir sur ce que disait tout à l'heure P.Cohen. Je pense qu'aujourd'hui on en est à un âge infantile de la participation. C'est à dire que l'on attend de la participation uniquement des commentaires sous les articles. Et là  ou le journaliste juge de la qualité des commentaires, c'est uniquement en sachant si il a fait une bonne brève ou un bon papier. Hors ce n'est pas ça selon moi la participation. Par exemple on peut trouver des personnes capables d'apporter dans les commentaires un complément d'information à l'article mais ça peut prendre également d'autres formes ».

V.Nouzille - « Concernant les commentaires je pense qu'il peut y avoir des frictions, des frottements dans les opinions mais je trouve cela très sain. Votre papier d'une certaine façon il vous échappe totalement car, il continu, il a une autre vie en étant repris sur des blogs et d'autre sites et quelque part vous n'êtes plus propriétaire de ce que vous avez écrit. Il peut y avoir dix fois plus de commentaires ailleurs que sous votre propre article ».

Plus d'infos : Samsa (Web et journalisme le débat organisé par le SNJ) et Novövision (Face au net des journalistes désemparés)

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03 avril 2008

Jean-François Kahn analyse la presse...

Ci-dessous un article paru dans l'édition du Monde du 06.01.08 (voir l'article).

kahnVous avez dirigé trois journaux, dont deux que vous avez créés. Comment analysez-vous la crise sans précédent que traverse aujourd'hui la presse écrite ?

On oublie souvent que c'est un phénomène plus général encore. Sur les dix dernières années, la baisse d'écoute des télévisions et des radios est aussi très frappante. C'est une crise cataclysmique, le mot n'est pas trop fort. Les gens ne s'en rendent pas toujours compte car cette crise a été progressive. Mais si nous étions dans une pure économie de marché, il n'y aurait plus de quotidiens. C'est une crise de la démocratie, la télévision étant par ailleurs contrôlée par le pouvoir, soit en raison des liens d'amitié du patron de TF1 avec Nicolas Sarkozy, soit parce que la télévision publique est une télévision d'Etat.

Vous dites qu'il faut "tout repenser" dans la presse. De quelle façon l'entendez-vous ?

Il faut tout remettre à plat. D'abord sur un plan technique : il n'y a pas de concurrence dans l'imprimerie et les coûts d'impression sont très chers. Malgré tous les efforts des Nouvelles Messageries de la presse parisienne (NMPP), le prix de distribution est trop élevé. Quand j'explique à des industriels le pourcentage qui passe dans la distribution, ils sont effarés. Idéologiquement, je suis favorable au système coopératif des NMPP, qui permet à tous d'être distribué partout. Mais c'est parce que Marianne a quitté les NMPP (début 2000) que nous nous en sommes sortis : 8 millions de francs (1,3 million d'euros) de coûts en moins sur une année ! Enfin, tous les ans, on nous explique qu'on va rouvrir des kiosques. Or, tous les ans, il y en a de moins en moins.

Mais les gens lisent la presse gratuite...

Ah, parlons-en ! Si un boulanger décrétait qu'à partir de demain, il distribuera des baguettes gratuites, dès le lendemain, ce serait interdit par la commission de la concurrence. Pourquoi n'y a-t-il qu'un produit dans notre société libérale, la presse, qui peut être gratuit sans que la commission de la concurrence intervienne pour concurrence déloyale ? Quelque part, le journal est identifié à un tract et il est distribué comme tel... Comment une profession malade a-t-elle pu accepter cette profusion de journaux gratuits ? C'est une folie !

N'est-ce pas aussi une crise du contenu de la presse ?

La presse a beaucoup perdu en abandonnant la polémique. Quand j'ai débuté, il y avait 13 ou 14 quotidiens, d'obédiences politiques très différentes, qui s'invectivaient entre eux, créaient des polémiques internes. Les gens achetaient avec leur quotidien une patrie de substitution, une bulle idéologique. Aujourd'hui, le consensus général est mortifère. On n'a pas assez analysé le phénomène qui a eu lieu à Libération au lendemain du référendum sur la Constitution européenne, lorsque Serge July a injurié, dans son éditorial, ses lecteurs qui avaient voté "non". C'était courageux de la part de July de rester favorable au "oui". Mais on n'injurie pas ses lecteurs.

Regardez à la présidentielle : 19 % des électeurs ont voté Bayrou. Libération, Le Figaro, Le Monde ont pris position contre Bayrou. Or, ces 19 % représentent 30 % des lecteurs de journaux. De la même façon, on voit aujourd'hui des cheminots qui ne veulent plus lire la presse, des étudiants qui ne veulent plus la lire... La gauche sociale n'a plus de journaux, les centristo-démocrates chrétiens, les gaullistes non plus, etc. Et voilà comment on perd des lecteurs.

Ajoutez à cela une crise du marché publicitaire, et la presse n'a plus de revenus...

Arrêtons-nous là-dessus, parce qu'à mes yeux, les deux sont liés. On a eu un moment, il y a quinze ans, où les recettes publicitaires étaient très hautes, juste au moment où débutait l'érosion des ventes. Les journaux, surtout les magazines et les hebdomadaires, ont pensé que l'important était d'avoir des recettes publicitaires. Dans certains hebdomadaires, les recettes publicitaires ont atteint 80 % des recettes globales. On a donc gonflé artificiellement les ventes pour justifier les tarifs de vente des pages de publicité. Quand on arrive à vous offrir pour un abonnement un stylo, une petite chaîne hi-fi et une montre, les gens n'ont plus le sentiment d'acheter un magazine pour ce qu'il est. Surtout, cela a modifié les contenus.

Nous avions fait un audit à Marianne pour comprendre pourquoi les annonceurs ne venaient pas. Ils voulaient une nouvelle maquette, enlever les rubriques de faits divers et de brèves que l'on appelait "Tu l'as dit bouffi", trop peu chics pour la pub. Faire un cahier économique alors que les gens veulent de l'économie dans l'info, pas en cahier. Le rapport disait aussi : "Vous défendez le petit commerce contre la grande distribution, donc ne vous attendez pas à avoir de la pub de la part de celle-ci..." Or ce que les annonceurs veulent pour faire de la pub, les lecteurs n'en veulent plus.

Faut-il aussi repenser la façon de faire du journalisme ?

Cela me fait mal de le dire, mais nous allons devoir changer notre mode d'écriture. Il y a un type de phrase qui est mort. Je le regrette, parce que je suis d'une génération qui aime ces phrases cicéroniennes, c'est-à-dire une phrase construite, longue, avec des incidentes. Il faut des phrases plus courtes. Mais surtout intégrer que tout accident grammatical rend la phrase moins accessible. S'il y a huit ou neuf mots après le sujet, eh bien il faut répéter le sujet. Les gens ne connaissent plus beaucoup des mots que nous employons.

Il faudrait donc appauvrir son vocabulaire et ses références ?

Oui, car beaucoup de gens de moins de 40 ans n'ont plus les références d'avant. Je reçois des lettres de lecteurs qui me disent qu'ils ne comprennent pas tout ce que j'écris. J'avais parlé du boulangisme, en référence au général Boulanger, ils pensaient que j'évoquais un pâtissier. J'ai écrit : "C'est une division du monde à la Yalta." Mais qui sait encore ce qu'est Yalta ? Je suis catastrophé que les jeunes ne connaissent plus l'histoire, mais il faut bien en tenir compte. Les journalistes sont furieux qu'on leur dise cela. Mais on ne doit pas faire comme les marxistes qui décrivent la réalité comme ils voudraient qu'elle soit, il faut s'adapter à elle.

Les politiques scénarisent leur communication. Les journalistes doivent-ils scénariser leurs articles ?

Oui, sans doute. Il y a trente ans, lorsque j'étais grand reporter, j'adorais écrire un feuillet de description. Aujourd'hui, s'il n'y a pas eu une action dans les trois premières lignes, le lecteur décroche. On est dans une société de mise en scène. Il faut donc nous y faire, nous aussi. Et écrire des romans à côté, si on veut faire des descriptions. Enfin, on ne peut plus avoir des journalistes spécialisés pendant cinq ou dix ans sur une même rubrique.

Mais certaines matières réclament une expérience ! Il n'est pas possible de se lancer du jour au lendemain dans une investigation financière. Si vous empêchez la spécialisation, vous appauvrissez les enquêtes.

Ce n'est pas faux. Mais il faut un système qui permette que le type spécialiste des finances aille tous les trois mois faire un reportage social ou en banlieue. Sinon, les gens ne liront plus des papiers désincarnés qui ne prennent pas en compte les autres dimensions d'une réalité. Enfin, il faut mettre en valeur les talents et les signatures tout en repensant la structure de nos journaux.

C'est-à-dire ?

La hiérarchie de nos journaux est féodale, en pyramide. Cela induit un comportement tribal : lorsque le journal se casse la figure, c'est la faute du patron. Eh bien, parfois, c'est de la faute des rédactions. J'ai vu au Matin une rédaction qui s'est suicidée à cause de ses luttes de clans. Il faut sortir de la violence interne. Les journalistes doivent être aussi responsables de leurs journaux.

Jamais on n'avait eu à la tête du pays un aussi grand professionnel des médias que l'est Nicolas Sarkozy. Comment éviter de n'être qu'un instrument dans les mains du président ?

Je ne vois pas d'autre solution que l'autocorrection des journalistes eux-mêmes. J'ai d'ailleurs le sentiment que la presse est sortie de sa sidération face à lui. Mais cela ne changera rien si la télévision ne change pas son comportement, car les lecteurs nous confondent avec la télé. Les journalistes de presse écrite doivent donc comprendre qu'ils sont aussi, d'une certaine manière, responsables de la télévision.

L'agressivité à l'égard des médias prend parfois un tour complexe. Ainsi, sur Internet, les gens diffusent parfois les rumeurs les plus folles, en ayant la certitude que les médias traditionnels leur cachent des informations, qui, en fait, sont bidons...

Il n'y a pas de nouveau média qui ne soit pas Janus, c'est-à-dire qui n'ait pas deux faces. Internet est un formidable contre-pouvoir et aussi un véhicule étonnant de haine. Mais comme la presse s'est interdit le discours agressif, il faut un exutoire. Si les médias avaient accepté de mener eux-mêmes la critique des médias, ils auraient eu la crédibilité pour ensuite dire aux gens : cette rumeur est bidon. Mais, du coup, ils croient n'importe quoi.

Posté par Ceucidit à 09:37 - LU - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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