Ceucidit

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17 juillet 2008

Auto-Plus, une affaire Renault Vs Fiat ?

original_5240_demiC’est un article paru sur le site d’Arrêt sur image qui évoque un lien entre le journal Auto-Plus et la marque automobile Fiat. Leur point commun serait S.BerlusconiS.Berlusconi qui est en effet le patron du groupe de presse MondadoriMondadori dont le siège se situe à Turin tout comme celui de Fiat.

Le journaliste évoque un rapprochement hasardeux l’air de dire « j’ai ça dans ma besace, je ne sais pas quoi en faire, je le mets sur la table, faites-en ce que vous voulez ». Voilà comment créer une affaire dans une autre à la manière de poupées Russe.

Cette remarque qui accréditerait la thèse de l’espionnage industriel me paraît toutefois peu crédible. L’affaire qui porte sur la révélation de photos concernant la future Mégane n’en est pas moins problématique pour Renault. Il s’agit en effet du véhicule le plus important pour le constructeur car il est (sous toutes ses déclinaisons : break, berline, monospace, cabriolet) le « fond de commerce » de la marque. Autant dire que bien figurer sur ce marché est précieux. Néanmoins le journal qui se fait fort (comme d’autre) de dévoiler les nouveautés sous forme de scoops n’en est pas à son coup d’essai. Aussi Renault n’est pas l’unique constructeur à voir ses prototypes dévoilés car Fiat en fait les frais également. Difficile alors d’établir qu’une marque serait particulièrement visée par ces pratiques.

Les commentaires que j’ai pu lire à la suite des différents articles de presse paru hier montrent à quel point l’avis des gens est partagé à ce sujet. Est-il normal de relater des informations qualifiées de secrets industriels ? Est-ce vraiment du journalisme d’investigation ou de la presse « auto people » dont l’actu proviendrait de paparazzi ? Dans le cas présent, il ne s’agit toutefois pas de professionnels puisqu’il s’agit de photos volées par du personnel Renault.

RSF (Reporters sans frontières) a tranché, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une atteinte à la liberté d’informer. Aucune perquisition n’aurait du être effectuée à la rédaction du journal. Menant ma petite enquête, j’ai été fort étonné de voir que le sujet avait été oublié des blogs de journalistes. Sont-ils aussi perdus que les lecteurs ?

Le comble dans tout cela c’est de voir des journalistes auto attaqués par un constructeur. Nul n’ignore en effet le peu de crédit qu’il leur est accordé (comme pour la presse féminine) lorsqu’il s’agit d’être vif vis à vis d’une marque. Taxé d’accointances trop marqué, d’une liberté de ton trop peu visible, de la publication de publi-reportagespubli-reportages plus que de reportages les voilà mis au banc des accusés.

Je me garderais bien de faire le lien avec cette affaire et d’autres bouleversements dans les médias. Quoi qu’il en soit j’espère que cela ne tiendra pas pour jurisprudence et que l’on ne verra pas une surenchère dans les mois à venir.

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13 juin 2008

Katrina 3ans après…

Tristan_et_AlbanTristan Mendès France et Alban Fischer partent le 19 juin sur les traces de l’ouragan qui frappa le sud-est des États-Unis en août 2005. Ils se déplacent ainsi depuis 2006 à travers le monde pour alimenter leur blog : BlogtrottersBlogtrotters.

Il s’agit pour eux de rendre compte de la situation d’évènements souvent dramatiques à travers une série de reportages et d’interviews. 

Ce qui m’intéresse particulièrement dans leur démarche, c’est leur approche très web, très interactive avec leurs lecteurs. Durant une semaine, ils vont en effet aller à la rencontre des personnes témoins du passage de Katrina. Les vidéos seront publiées dans la foulé et il sera alors possible aux lecteurs de réagir rapidement. En travaillant ainsi ils profitent de l’effet de réseau qu'apporte une communauté de blogueurs pour approfondir un sujet en réfléchissant ensemble. Il en résulte une sensation de vivre le reportage, de se poser les questions essentielles au bon déroulement de celui-ci.

Ci-dessous la liste des thèmes déjà traités :

Les réfugiés environnementaux du KirghizstanKirghizstan - Les réfugiés climatiques de Tuvalu, Pacifique Sud - Le 11 septembre en questions (filmé à NY) - La question du Darfour (filmé côté Tchad) - La question du génocide arménien (filmé en Turquie) - La question du génocide khmer (filmé au Cambodge).

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29 mai 2008

Acheter son journal l'Equipe avec ses chaussures de foot !

Développement de la question abordée dans le billet du 14 mai...

NNicolas Sarkozy a déclaré le 27 mai sur RTL au sujet de la presse : “Il faut également multiplier les points de vente de journaux parce qu’aujourd’hui, dans les grandes villes, pour trouver son journal, c’est tout un travail”.

Hors depuis six mois, quatre magasins test Décathlon ont tenté l'expérience. Ils ont installé un espace dédié à la vente de la presse sportive dans leurs rayons, suite à une modification de la loi sur la distribution de la presse par les NMPP (Nouvelles Messageries de la Presse Parisiennes). Il est donc désormais possible d'acheter son journal L'Equipe ou une revue en même temps qu'un article de sport. Après les grandes surfaces, c'est donc aux GSS (Grandes Surfaces Spécialisées) de se lancer dans cette activité. Un moyen de sortir de la crise pour la presse ?

Une bonne idée !

L'aspect positif de ces nouveaux points de ventes, c'est qu'ils augmentent la visibilité de la presse et par conséquent qu'ils incitent à l'achat. Ce qui est judicieux dans la vente de presse en GSS, c'est de permettre au clients de trouver une lecture qui correspond à leurs centres d'intérêts, ce qui n'est pas le cas dans les grandes surfaces.

«Cette démarche a toujours été sous sous-jacente chez Décathlon ! Il n'y a que depuis quelques mois que nous avons légalement le droit de vendre uniquement la presse sportive. Avant il fallait obligatoirement prendre l'offre complète à savoir le sport, la culture, l'automobile et ainsi de suite. Ce sont les NMPP (Nouvelles messageries de la Presse Parisienne) qui nous ont démarchés ainsi que d'autres GSS de sport, de bricolage et d'automobile» explique Bertrand Vidal (Directeur commercial, Décathlon France).

La presse pourrait donc voir là une possibilité pour développer ses ventes autrement que par Internet. Ce dernier qui est un autre canal de diffusion de l'information est régulièrement mis dans la balance pour tenter d'expliquer la perte d'audience et l'inforexie des français. Les experts s'accordent toutefois sur le fait que le numérique n'est pas l'avenir du papier ! Il ne le remplacera pas mais répond simplement à un nouveau besoin. C'est pourquoi il ne semble pas vain de continuer à s'intéresser sur de nouvelles méthodes de diffusions de la presse écrite.

Une nouvelle concurrence...

Les avis ne sont pas aussi enjoués du côté des revendeurs traditionnels. Ceux-ci évoquent avec amertumes la mort du petit commerce de proximité et la suprématie des grandes surfaces.

« Ils tuent le petit commerce ! Il n'y a plus de boucher, plus de charcutier et bientôt il n'y aura plus de kiosquiers. La presse est un produit d'appel pour les grands magasins. Ils peuvent vendre sans rien gagner. Pendant ce temps-là nous perdons des clients et finissons par fermer. Entre les gratuits et les grandes surfaces, dans quelques temps nous ne seront plus là que pour vendre des souvenirs touristiques de Paris », constate Nabil Hachem (kiosquier) !

« Chez nous pour fonctionner il faut être pointu, très pointu. Celui qui ne l'est pas perd un maximum d'argent. Il faut avoir les hors-séries, que tout soit parfaitement rangé pour que le client s'y retrouve. Chez Carrefour, Monoprix c'est rangé n'importe comment, tout est mélangé ! Les gens s'installent et lisent directement dans les rayons. Je ne pense pas que cela soit bénéfique pour la presse. Par contre cela va faire mourir ceux qui ont déjà du mal à en vivre », estime Jean-Claude Calmet (libraire et distributeur de tabac).

Quid de l'avenir ?

« Pour l'instant il ne s'agit que d'un test ! Ensuite on fera le point pour savoir ce qui a fonctionné et ce que cela rapporte exactement à nos clients. On verra alors si on duplique l'idée partout en France ou si on abandonne le concept. Je sais déjà qu'il y a des choses plus pertinentes que d'autres à garder. Je pense par exemple à L'Equipe, au running, au cyclisme bref aux sports qui marchent le mieux chez nous. On avait de la librairie mais on souhaitait documenter nos passionnés de sport, notre clientèle sur les produits innovants. L'idée c'est « je suis pratiquant de sport, je viens acheter mes chaussures de foot, je vois L'Equipe, les gros titres et hop je fais d'une pierre deux coups ». Pour l'instant nous sommes vraiment dans une phase d'analyse. Nous ne sommes pas habitué à travailler avec la presse. En terme de paiement et de gestion, c'est assez complexe à gérer. Pour ma part cela a été assez difficile au début d'un point de vue organisation et dans le mode de règlement des fournisseurs. Les mensuels sont faciles à gérer mais les hebdomadaires et les quotidiens beaucoup moins » déclare Julien Louineau (responsable d'exploitation du Décathlon Wagram à Paris). 

La diffusion de la presse est vrai problème car les méthodes de diffusions sont assez contraignantes et peu adaptées pour un circuit non traditionnel. Il faudrait que cela change ! En plus cela n'est pas très rentable, nous avons des marges à 10% et au niveau de la mise en place ça n'est pas évident. Cela n'est pas notre métier, alors il y a un temps d'adaptation. Pour le moment nous testons surtout l'idée. Nous verrons plus tard pour les autres magasins. Je sais déjà que nous allons arrêter à Paris» observe Bertrand Vidal (Directeur commercial, Décathlon France).

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26 mai 2008

Mediachroniques : un site sur les médias tout beau tout neuf !

Médiachroniques c'est un blog collectif de réflexion sur l'avenir des médias et le journalisme numérique dont les auteurs sont : Catherine Lottier (Canal +), Philippe Couve (RFI, L'Atelier des médias, Samsa news), Emmanuel Parody (CNET Network, Ecosphère), Francis Pisani (journaliste indépendant, Transnets), Benoît Raphaël (Le Post.fr, Demain tous Journalistes ?), Jeff Mignon (Média Café, Mignon média).

M_diachroniques

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25 avril 2008

Le web, sauveur ou fossoyeur du journalisme ?

Cette question qui ne présente que deux alternatives était le thème du débat organisé par le SNJ (Syndicat National du Journalisme) au CFPJ (Centre de Formation Pour les Journalistes) hier soir.

CFJQuatres journalistes travaillant pour le web y ont été invité pour partager leur point de vue.

Etaient présent (de gauche à droite sur la photo) :

- Vincent Nouzille, journaliste à Bakchich

- Philippe Couve, journaliste à RFI, à l’origine de l’Atelier des médias

- Philippe Cohen, rédacteur en chef de Marianne2.fr

- Gérard Desportes, journaliste à Médiapart

Présentation du débat :
“Les sites de presse, dépendant d’une rédaction «traditionnelle » ou autonomes, se sont déployés et multipliés depuis un an, cependant que nos conditions de travail continuaient à se détériorer, quelle que soit la forme de presse, quel que soit le support sur lequel nous travaillons. Comment nous sommes-nous appropriés ce nouveau média ou comment pouvons-nous encore le faire ? Faut-il en attendre le pire ou le meilleur ? "

La soirée pourrait se résumer en deux thèmes distincts.

Tout d'abord sur des questions et des interrogations sur les aspects financier liés au web

GDesportesG.Desportes - « Nous avons fait un pari un peu différent des autres sites, puisque nous avons choisi de dire que ce qui a un coût a un prix ! Internet même si c'est un peu moins cher que le papier, ça a un prix ! Aujourd'hui installer un logiciel d'édition, installer une ligne et des serveurs qui tiennent le coup, payer des gens qui vont faire la maquette ect, tout cela a un coût. C'est pour cela que nous avons choisi une formule avec abonnement. Chez Médiapart il n'y a que des salariés. On est 29 et il y a 26 journalistes. Tout le monde est en CDI sauf 4 personnes et l'échelle des salaires est de un à trois.

Je vais parler d'autre site et notamment de Rue89. Ils sont soit obligés de se payer avec les Assedics ou de vendre le savoir faire de leur marque pour faire des sites de conseils généraux. Je ne suis pas sûr que la vocation des sites indépendants des pouvoirs politiques et financiers ce soit de fabriquer un site pour un conseil général, fût-il du parti socialiste. Tout cela pour dire qu'il y a beaucoup d'hypocrisie dans la situation dans laquelle on est.

On assiste à un effondrement des masses salariales et des statuts lorsqu'ils existent. C'est d'autant plus problématique que l'on peut considérer que l'émergence de ces sites internet, y compris ceux qui sont adossés à des médias traditionnels ont eu un effet néfaste même sur le support papier. Il est évident que des quotidiens tels que Libération ou Le Monde ont grâce à leur site une diffusion bien supérieure. Autre hypocrisie, c'est que l'article qui se retrouvera sur le site web sera payé par les personnes qui auront acheté le journal. Pour les patrons de presse c'est tout bénéf, mais cela c'est fait finalement au détriment du papier. Ce qui m'inquiète aussi c'est de voir que du coup plus personne n'envoie de journalistes sur le terrain pour faire de l'enquête et du reportage.

Nous (Médiapart) on pense qu'un système basé sur l'audience est un système très mauvais car, il nécessite d'avoir beaucoup d'audience pour avoir beaucoup de publicité. A ma connaissance un site comme Rue89 a rentré les meilleures mois 30 000 euros de publicité et c'est très largement moins que ce qu'il faut. Il y a des mois il ne fait que 1000 euros donc il est évident que ça ne peux pas fonctionner. Un jour peut-être que cela marchera mais le risque c'est que l'audience et donc la rémunération se fasse sur une actualité people et peut-être pas sur ce sur quoi on est généralement attendu à savoir une information de qualité ».

CohenP.Cohen - « Je pense que c'est un peu déraisonnable de figer les choses. C'est à dire que G.Desportes a décrit une situation qui est celle d'aujourd'hui. Le coût lié à un certain nombre de consultations a un prix aujourd'hui qui n'est pas celui d'hier et qui sera certainement différent demain. Pour donner un exemple, la radio est un média qui a un fort taux de confiance en terme de qualité d'information. Hors que je sache elles fonctionnent majoritairement avec de la publicité. Moi ce que j'ai pu constater en ayant travaillé à Marianne1 et Marianne2, c'est que pendant très longtemps on a été sanctionné. On a eu au départ zéro publicité à cause du ton et de l'esprit du journal notamment par la grande distribution. On a été blacklisté ! Aujourd'hui ce que l'on constate c'est que sur le net les choses sont à la fois plus faciles et moins directement liées. On fait à peu près la moitié de l'audience de Rue89 selon Médiamétrie au mois de mars. Rue89 a été coté à 685 000 VU (Visiteurs Uniques) et Marianne à 365 000.

On a passé un contrat avec une régie dont le système tel qu'il est organisé aujourd'hui, ne permet pas aux annonceurs de savoir dans quels médias ils annoncent. Elle propose des « blows », c'est à dire qu'elle va voir les annonceurs pour leur vendre du millions de pages vues de « blow cadre », « blow jeune » ou « blow femme ». La pression publicitaire telle que on l'a connu dans le papier ne peut même pas exister.

A côté de ça je reconnais qu'il y a des problèmes. Par exemple si je fais un article sur la grève du Monde ou sur les Echos, je vais avoir 1500 ou 2000 visites maxi. Alors que si j'écris sur Marion Cotillard, Carla Bruni ou sur le SMS et bien ça va dépoter. Donc il y a un dilemme. Moi je ne suis pas là pour faire des papiers sur le SMS mais voilà je suis obligé de jouer un peu sur les deux. Mais je ne crois pas que les journaux papier ne soient pas également fondés sur des compromis entre les aspects séduisants et importants de l'information. Nous sommes aujourd'hui une demi douzaine à travailler à Marianne2. Après six mois d'activité nous avons un chiffre d'affaire par mois qui doit être entre 15 et 20 000 euros. Soixante-dix pour cent provient de la recette publicitaire et le reste c'est de la recette de revente. Mais grâce à Marianne2 il y a des gens qui s'abonnent au papier ».

P.Couve - « Je vais ajouter quelque chose qui me semble important. Quand on regarde un quotidien on trouve des pages qui coûtent chères à produire (enquêtes, reportages...) et d'autres beaucoup moins (tiercé, jeux...). Aujourd'hui sur Internet on ne produit que des informations qui coûtent chères. Personne ne veux faire des pages de services. Hors pour le papier les pages chères et moins chères forment un prix moyen à la page».

VincentNouzilleV.Nouzille - « Je vais dans le sens de ce qu'a dit P.Cohen. C'est à dire qu'aujourd'hui on ne sait pas trop quel modèle économique va s'imposer. On peut avoir des surprises. Par exemple il y a quelques mois on ne pensait pas trop que l'on allait pouvoir revendre notre contenu. On est gratuit mais on est en accord avec des journaux qui nous demandent de pouvoir reproduire une partie de nos articles. Ce n'est toutefois pas là-dessus qu'il faut compter pour fonctionner. Actuellement cela fait dix pour cent de nos revenus. Tout ça pour dire que l'on n'a peut-être pas encore exploité toutes les solutions possibles de financement. Les journaux en ligne non liés à un grand nom sont d'une fragilité économique extrême. Ça n'est pas les petits sites qui tentent d'émerger qui vont affaiblir la presse. Si elle souffre c'est d'abord de ses propres défauts ».

Et puis sur un plan plus technique, c'est à dire sur le traitement de l'information sur le net et sur l'évolution du métier.

P.Cohen - « J'ai l'impression que les sites qui sont adossés à des journaux ont une plus grande liberté de ton. A Marianne moi j'essaye de développer le slogan qui n'a pas été validé par la direction mais que j'aime bien qui est : Marianne2 c'est Marianne en plus net ! Une idée que je suis amené à moduler un peu, c'est l'interactivité dans les commentaires. On doit recevoir des milliers de commentaires chaque semaine. Il y a de tout ! Le problème c'est qu'ils peuvent être racistes, antisémites ou insultants. C'est un gros problème juridique que l'on peut avoir et qui coûte cher car la modération automatique ça a un coût. Mais en dehors de ça le journaliste qui fait une erreur, il a une heure ou une demi-heure après un commentaire lui disant « Ah tu t'es trompé, t'es nul » ! De ce point de vue là je pense que cela peut-être intéressant mais en ce moment on en est qu'à des constats qui peuvent être contradictoires entre certains aspects que je trouve séduisants et certains aspects que je trouve inquiétants ».

CouveP.Couve - «(répondant à une personne dans la salle) Est-ce que le journaliste doit savoir tout faire ? Je pense que oui ! Je m'occupe au CFPJ de la spécialisation au multimédia. L'idée n'est pas qu'il fasse tout en même temps mais qu'il sache faire de la vidéo simple, des photos, du son et écrire pour le web. Ensuite si il a un domaine d'excellence et bien tant mieux il ne peut pas être bon dans tous les domaines.

On parle depuis tout à l'heure d'un journalisme low-cost. Mais je pense qu'il ne faut pas raisonner comme cela. Il faut regarder comment les gens aujourd'hui accèdent à l'information et là il y a quelque chose qui a fondamentalement changé en l'espace de quinze ans. L'univers dans lequel on évolue a changé et donc notre rôle aussi. On n'est plus les seuls, on n'a plus le monopole de l'information. Aujourd'hui n'importe qui est capable de diffuser de l'info sur une web-radio, sur un site ou un blog pour pratiquement rien. On n'a plus besoin d'un journaliste pour être informé. Je ne dis pas que l'on sera bien informé mais je dis que moi je peux aller chercher des informations et les recouper sans passer par un site tenu ou écrit par un journaliste.

Je vais rebondir sur ce que disait tout à l'heure P.Cohen. Je pense qu'aujourd'hui on en est à un âge infantile de la participation. C'est à dire que l'on attend de la participation uniquement des commentaires sous les articles. Et là  ou le journaliste juge de la qualité des commentaires, c'est uniquement en sachant si il a fait une bonne brève ou un bon papier. Hors ce n'est pas ça selon moi la participation. Par exemple on peut trouver des personnes capables d'apporter dans les commentaires un complément d'information à l'article mais ça peut prendre également d'autres formes ».

V.Nouzille - « Concernant les commentaires je pense qu'il peut y avoir des frictions, des frottements dans les opinions mais je trouve cela très sain. Votre papier d'une certaine façon il vous échappe totalement car, il continu, il a une autre vie en étant repris sur des blogs et d'autre sites et quelque part vous n'êtes plus propriétaire de ce que vous avez écrit. Il peut y avoir dix fois plus de commentaires ailleurs que sous votre propre article ».

Plus d'infos : Samsa (Web et journalisme le débat organisé par le SNJ) et Novövision (Face au net des journalistes désemparés)

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11 avril 2008

Manifestation étudiante à France Télévisions

Les étudiants se sont donnés rendez-vous aujourd'hui devant France Télévisions pour défendre leur point de vue dans les médias. Hier ils étaient 40 000 selon le syndicat lycéen UNI, 19 000 selon la police à défiler dans les rues de Paris pour protester contre les suppressions de postes prévues à la rentrée par le ministre de l'Education M. Xaviez Darcos.

Melle Narges en seconde au lycée Romain Rolland d'Ivry sur Seine. « Aujourd'hui on est venu pour dire que nous ne sommes pas d'accord et qu'il faut que les médias assurent leur rôle ! Lorsqu'ils interview M.Darcos les questions ne sont pas vraiment pertinentes. A la télé ils n'expliquent pas vraiment le problème. A chaque fois on entends « les jeunes manifestent contre les suppressions de postes ». Il y a énormément de gens qui ne savent pas pourquoi, alors que pour moi le rôle d'un journaliste c'est d'informer. C'est pour cela que l'on essayent d'expliquer aux médias que sans leur aide on ne va pas pouvoir s'en sortir. On essayent d'avoir une autre alternative que de bloquer, que d'aller au rectorat et c'est pour ça que l'on est ici aujourd'hui. On est aussi venu pour montrer que nous ne sommes pas des casseurs et que nous savons également faire des choses pacifistes ».

Et vous souhaiteriez quoi exactement de la part de France Télévisions ?

« On aimerait que les gens puissent comprendre que l'état ne peut pas se désengager aussi facilement. Les médias devraient expliquer le rapport Pochard, le fait que l'état supprime le bac L, le fait que des postes soient supprimés, que des options disparaissent ainsi que la carte scolaire. Je pense que cela intéresserait vraiment les parents de savoir ce qui passe ».

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Des professeurs étaient également présent à cette manifestation.

Qu'est-ce qui vous pousse à suivre les étudiants ?

Chantal Bourvic enseignante en science physique au lycée Romain Rolland (et conseillère générale à la mairie d'Ivry) « J'accompagne, je ne suis pas ! Nous sommes dans une bataille commune, on est ensemble dans une action qui nous motivent tous ! Dans notre établissement ils vont supprimer des postes et des heures d'enseignement qui conduisent à ce que nos options ne soient plus assurées avec la qualité souhaité. Les classes de terminales vont être à trente cinq sans avoir la possibilité d'accueillir des élèves redoublants. Du coup on pense que ensemble on ne peut pas laisser faire. Aujourd'hui les enseignants ne sont pas en grève et il n'y a que ceux qui pouvaient être disponible qui sont venus. Hier nous étions 80% le matin et 60% l'après-midi à être en grève ».

Jusqu'où être vous prêt à aller pour défendre ce mouvement ?

« Je ne peux ni dater ni donner l'ampleur des actions que nous allons être capable de mener. Ce que je peux dire c'est que aujourd'hui, M.Darcos reçoit les jeunes et j'espère qu'il entendra notre bataille, ce pourquoi on est dans l'action. Après cela dépend plus de lui que de moi ».

Seriez vous prêt à ensuite récupérer les heures perdus ?

«Vous savez j'ai été de ceux qui étaient dans l'action contre Allègre, on a même été le lycée qui a pénétré dans le musée où il y avait les dinosaures ! Ce que je sais c'est que pendant les périodes du CPE, nous avions des méthodes de travail. On distribuait des documents pour que les élèves continuent à travailler. Les années où l'on a eu les meilleures scores ne sont pas forcément les années où l'on a eu le moins de jour de grève».

Que pensez-vous de ceux qui disent que les lycées de Paris sont favorisés par rapport à ceux de banlieue ?

« Je n'ai pas la carte en tête mais il me semble que les suppressions sont beaucoup plus marquées autour de Paris. Cela étant c'est pas le problème cette affaire que d'essayer de nous mettre en rivalité les uns par rapport aux autres. Si les lycées parisiens ont aujourd'hui les moyens qu'ils ont et qu'ils les gardent et bien je dirais tant mieux. La seule chose que je souhaite c'est que nous, on ne les perdent pas et que au contraire, si ils en avaient plus que nous par le passé et bien que l'on obtienne les mêmes moyens qu'eux. Je ne suis pas pour une rivalité et cela a conduit à voir le classement des établissements scolaires. C'est complètement factice, c'est mettre les gens en compétitions et c'est pas du tout mon esprit ».

Ne pensez-vous pas que ce genre d'évènement peut conduire les parents à inscrire leurs enfants dans des écoles privées ?

« De toutes façons l'angoisse des parents elle est la même partout. On a toujours l'impression que le meilleure est ailleurs. Moi ce que je dresse comme bilan, c'est que l'on est limitrophe à Paris. Les Ivryens cherchent à aller dans le treizième et ceux du treizième dans le cinquième et ceux du cinquième...

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07 avril 2008

Passage mouvementé de la flamme au Trocadéro

Il est 11h00 lorsque j'arrive ce matin par le métro à la station Trocadéro. La flamme doit partir elle vers 12h30 de la Tour Eiffel. Je me dit qu'il sera impossible de me rendre sur place étant donné le cortège de CRS qui doit l'accompagner. Je me rends tout d'abord sur le parvis du Trocadéro. Celui est littéralement pris d'assaut par les manifestants pro-Tibet. Les CRS sont là également si bien que l'on ne peux pas avancer vers la Tour Eiffel. Je prends quelques photos pour que l'on puisse comprendre l'ambiance qui y règne.

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Mais je ne souhaite pas rester ici. La flamme ne passe pas par là et je sais qu'il y a peu de chance d'avoir d'autres images plus intéressantes. Je tente alors de me rapprocher de la Seine en prenant la direction du Palais de Tokyo. Les cars de CRS sont nombreux mais pour l'instant ils attendent sagement. Je réussis donc à descendre et arrive devant la Tour Eiffel... mais sur l'autre berge. En effet il est impossible de m'y rendre car tout est barré.

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Ici en bas ce sont surtout les manifestants Chinois qui sont en nombre. Je me rapproche d'eux pour les écouter scander leurs slogans. Ils sont en chinois, je n'y comprends rien mais c'est pas grave. Le porte voix et la ferveur qu'ils mettent à chanter m'en dit tout autant.

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Il est midi, les chinois sont plus nombreux et les pro-tibétainspro-tibétains commencent à arriver. Je me demande comment cela va se passer. Désormais c'est à celui qui criera le plus fort. Aux drapeaux chinois se mêlent les drapeaux tibétains et ceux de Reporters sans frontières (les anneaux avec les menottes). Les uns et les autres ne se contentent plus de rester dans leur coin. Ils s'affrontent oralement et certains tentent d'arracher des drapeaux. La pression monte.

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Il y deux camps me dit un CRS. Près de la Seine ce sont les pro-tibétainspro-tibétains et de l'autre côté les chinois. Mais cela n'est pas si facile de gérer autant de monde. Ils sont débordés car pas encore assez nombreux. Le premier incident arrive alors. Un manifestant jette un fumigène vers les chinois. Il est très vite alpagué par la police et les CRS qui se ruent sur lui. Voyant cela tout le monde se rapproche pour soit prendre la situation en photo soit pour hurler qu'on le libère.

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Les CRS arrivent à grand renfort pour disperser la foule et pour libérer le passage aux voitures. La presse est là aussi et se place entre les deux camps qui continuent de hurler. Je me place alors avec tout les photographes et caméramans. Les CRS continuent de faire le tri ne laissant que les journalistes aux milieux.

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Nous sommes tous aux aguets prêts à déclencher dès fois que la situation s'aggrave. Quelques manifestants sont repoussés de force par l'armée de CRS qui occupent maintenant les lieux. Au loin sur la Tour Eiffel on aperçoit alors le drapeau de RSF s'étirer au niveau du premier étage. Ils ont fait fort les gars !

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La foule est à présent maîtrisée. Je suis sur le rebord du tunnel qui passe sous le Trocadéro. Je suis entouré par les gros objectifs qui comme moi imaginent que la flamme va passer en dessous. J'écoute ce qui se dit à droite et à gauche. Douillet aurait eu des soucis avec la flamme. Elle serait à côté de Radio France. Je ne sais pas si je la verrais où si elle sera de nouveau mise à l'abri dans un bus.

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Désormais il s'agit pour moi de ne plus bouger d'où je suis. A ma droite un caméraman de TF1 à ma gauche M6. Étant au milieu du tunnel j'imagine être bien placé. Mais il fait un sale temps. Il grêle, il fait froid et l'attente est longue. Je n'ai pas mangé et je commence à avoir faim. Je ne suis pas le seul d'ailleurs et tout le monde s'impatiente en plaisantant.

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Au loin on commence à voir de l'agitation. Les cars de CRS se multiplient et l'hélicoptère fait des allez et venu au dessus du 16ème arrondissement. Ils ne sont certainement plus très loin. Je me retourne et m'aperçoit que de nombreuses personnes sont encore arrivées. Mais cela n'est pas le moment pour moi de quitter ma place que beaucoup m'envient déjà. Derrière moi un photographe est grimpé sur un escabeau. Tout le monde se prépare. Il a cessé de pleuvoir. Chacun y va de son petit chiffon pour nettoyer son objectif. Là où je suis, j'entends des cris et des hurlements. Des manifestants sont entrés dans le tunnel par l'autre côté. Une équipe de CRS est alors envoyée pour les déloger. Je me dit que ce serait dommage qu'à cause d'eux la flamme passe ailleurs. Je suis si bien placé.

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Puis les choses s'accélèrent. Des pousses pousses arborant des inscriptions des JO remontent vers nous en passant le long de la Seine. Ils sont suivis de sportifs à vélo et plus précisément sur des BMX (ou vélo de cross, discipline olympique pour la première fois cette année). Ils se font huer ! Au loin il y a de nombreux bus qui semblent attendre. Un premier passe peu après les vélos avec des sportifs à bord. On espère tous que la flamme n'est pas dedans car on aurait attendu pour rien. Se mêle à ce flot de véhicules des Smart recouvertes de publicité Samsung (on se croirait devant la caravane du Tour de France).

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Je vois les policiers en rollers et les sportifs en jogging qui se rapprochent. Mais aucun ne se dirigent vers l'entrée du tunnel, c'est rageant. Les gens s'agitent autour de moi. Personne ne parvient à voir la flamme. Puis d'un coup alors que je suis à genoux sur le rebord du tunnel j'aperçois un handicapé portant quelque chose qui ressemble à une flamme...éteinte !?

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Tout le monde s'étonne, on ne sait pas bien si c'est cela qu'il faut photographier ou non. De toutes façons maintenant on mitraille un maximum, on verra après. La foule s'agite, le passage de la flamme est vraiment chaotique. Une rangée de bus suit le mouvement. Entre les officiels chinois et les sportifs tout le monde semblent mal s'accommoder de cette situation.

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Je me rapproche alors du centre de la place pour essayer d'avoir une vue sur tout les manifestants. La tension monte dans la foule pro-tibétainepro-tibétaine. Les CRS interviennent alors pour gazer et pour appréhender les militants les plus remuants. Devant moi l'un d'eux se fait alpaguer et jeter à terre.

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Puis petit à petit la pression retombe. La flamme est passée avec son défilé. Je décide alors de retourner prendre le métro pour rentrer. Manque de bol la station Trocadéro est fermée. Je marche donc environ dix minutes et réussi à en trouver une ouverte. Il ne me reste plus qu'à faire le point sur ce que j'ai réussi à photographier sur le chemin du retour.

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Posté par Ceucidit à 17:36 - ACTU - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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