Ceucidit

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29 mai 2008

Acheter son journal l'Equipe avec ses chaussures de foot !

Développement de la question abordée dans le billet du 14 mai...

NNicolas Sarkozy a déclaré le 27 mai sur RTL au sujet de la presse : “Il faut également multiplier les points de vente de journaux parce qu’aujourd’hui, dans les grandes villes, pour trouver son journal, c’est tout un travail”.

Hors depuis six mois, quatre magasins test Décathlon ont tenté l'expérience. Ils ont installé un espace dédié à la vente de la presse sportive dans leurs rayons, suite à une modification de la loi sur la distribution de la presse par les NMPP (Nouvelles Messageries de la Presse Parisiennes). Il est donc désormais possible d'acheter son journal L'Equipe ou une revue en même temps qu'un article de sport. Après les grandes surfaces, c'est donc aux GSS (Grandes Surfaces Spécialisées) de se lancer dans cette activité. Un moyen de sortir de la crise pour la presse ?

Une bonne idée !

L'aspect positif de ces nouveaux points de ventes, c'est qu'ils augmentent la visibilité de la presse et par conséquent qu'ils incitent à l'achat. Ce qui est judicieux dans la vente de presse en GSS, c'est de permettre au clients de trouver une lecture qui correspond à leurs centres d'intérêts, ce qui n'est pas le cas dans les grandes surfaces.

«Cette démarche a toujours été sous sous-jacente chez Décathlon ! Il n'y a que depuis quelques mois que nous avons légalement le droit de vendre uniquement la presse sportive. Avant il fallait obligatoirement prendre l'offre complète à savoir le sport, la culture, l'automobile et ainsi de suite. Ce sont les NMPP (Nouvelles messageries de la Presse Parisienne) qui nous ont démarchés ainsi que d'autres GSS de sport, de bricolage et d'automobile» explique Bertrand Vidal (Directeur commercial, Décathlon France).

La presse pourrait donc voir là une possibilité pour développer ses ventes autrement que par Internet. Ce dernier qui est un autre canal de diffusion de l'information est régulièrement mis dans la balance pour tenter d'expliquer la perte d'audience et l'inforexie des français. Les experts s'accordent toutefois sur le fait que le numérique n'est pas l'avenir du papier ! Il ne le remplacera pas mais répond simplement à un nouveau besoin. C'est pourquoi il ne semble pas vain de continuer à s'intéresser sur de nouvelles méthodes de diffusions de la presse écrite.

Une nouvelle concurrence...

Les avis ne sont pas aussi enjoués du côté des revendeurs traditionnels. Ceux-ci évoquent avec amertumes la mort du petit commerce de proximité et la suprématie des grandes surfaces.

« Ils tuent le petit commerce ! Il n'y a plus de boucher, plus de charcutier et bientôt il n'y aura plus de kiosquiers. La presse est un produit d'appel pour les grands magasins. Ils peuvent vendre sans rien gagner. Pendant ce temps-là nous perdons des clients et finissons par fermer. Entre les gratuits et les grandes surfaces, dans quelques temps nous ne seront plus là que pour vendre des souvenirs touristiques de Paris », constate Nabil Hachem (kiosquier) !

« Chez nous pour fonctionner il faut être pointu, très pointu. Celui qui ne l'est pas perd un maximum d'argent. Il faut avoir les hors-séries, que tout soit parfaitement rangé pour que le client s'y retrouve. Chez Carrefour, Monoprix c'est rangé n'importe comment, tout est mélangé ! Les gens s'installent et lisent directement dans les rayons. Je ne pense pas que cela soit bénéfique pour la presse. Par contre cela va faire mourir ceux qui ont déjà du mal à en vivre », estime Jean-Claude Calmet (libraire et distributeur de tabac).

Quid de l'avenir ?

« Pour l'instant il ne s'agit que d'un test ! Ensuite on fera le point pour savoir ce qui a fonctionné et ce que cela rapporte exactement à nos clients. On verra alors si on duplique l'idée partout en France ou si on abandonne le concept. Je sais déjà qu'il y a des choses plus pertinentes que d'autres à garder. Je pense par exemple à L'Equipe, au running, au cyclisme bref aux sports qui marchent le mieux chez nous. On avait de la librairie mais on souhaitait documenter nos passionnés de sport, notre clientèle sur les produits innovants. L'idée c'est « je suis pratiquant de sport, je viens acheter mes chaussures de foot, je vois L'Equipe, les gros titres et hop je fais d'une pierre deux coups ». Pour l'instant nous sommes vraiment dans une phase d'analyse. Nous ne sommes pas habitué à travailler avec la presse. En terme de paiement et de gestion, c'est assez complexe à gérer. Pour ma part cela a été assez difficile au début d'un point de vue organisation et dans le mode de règlement des fournisseurs. Les mensuels sont faciles à gérer mais les hebdomadaires et les quotidiens beaucoup moins » déclare Julien Louineau (responsable d'exploitation du Décathlon Wagram à Paris). 

La diffusion de la presse est vrai problème car les méthodes de diffusions sont assez contraignantes et peu adaptées pour un circuit non traditionnel. Il faudrait que cela change ! En plus cela n'est pas très rentable, nous avons des marges à 10% et au niveau de la mise en place ça n'est pas évident. Cela n'est pas notre métier, alors il y a un temps d'adaptation. Pour le moment nous testons surtout l'idée. Nous verrons plus tard pour les autres magasins. Je sais déjà que nous allons arrêter à Paris» observe Bertrand Vidal (Directeur commercial, Décathlon France).

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26 mai 2008

Mediachroniques : un site sur les médias tout beau tout neuf !

Médiachroniques c'est un blog collectif de réflexion sur l'avenir des médias et le journalisme numérique dont les auteurs sont : Catherine Lottier (Canal +), Philippe Couve (RFI, L'Atelier des médias, Samsa news), Emmanuel Parody (CNET Network, Ecosphère), Francis Pisani (journaliste indépendant, Transnets), Benoît Raphaël (Le Post.fr, Demain tous Journalistes ?), Jeff Mignon (Média Café, Mignon média).

M_diachroniques

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23 mai 2008

Quels journalistes pour quel journalisme ?

A quoi sert un journaliste ? Cette question à laquelle je ne répondrais pas est le thème des Assises Internationale du Journalisme qui ont lieu en ce moment à Lille. La question sous-jacente (qui m'intéresse) me semble être : Quelle mesure apporter pour répondre au mieux aux exigences nouvelles (et/ou incontournables) ? Et là j'imagine comme réponse possible (et contestable), une sélection plus draconienne des rédacteurs, où le cursus de certains l'emporterait sur la motivation et la vocation d'autres postulants.

Il faut tout d'abord admettre que les blogueurs sèment le trouble dans l'échiquier d'une caste jusqu'ici bien à l'abri. Le cinquième pouvoir c'est attaqué au quatrième, œil pour œil, dent pour dent sur son propre terrain de jeu à savoir l'information, l'analyse et la primauté. Une sorte d'OPA (Offre Publique d'Achat) hostile a été lancé contre le colosse aux pieds d'argile (perte d'audience et de crédibilité).

Quid de cette nouvelle donne les journalistes sont alors amenés à redéfinir leur propre rôle et pour cela ils leur faut revenir aux fondamentaux ! Il est nécessaire de contre-attaquer sur des acquis, des valeurs sûres que eux seuls, peuvent s'enorgueillir de pouvoir mettre dans la balance. C'est leur professionnalisme qu'ils vont tenter de mettre en avant et défendre. « Laissez faire les pros, les médias citoyens c'est pour vous et la hiérarchisation, la véracité et la mise en perspective pour nous » (pourraient-ils dire) !

Le_journaliste

Aucun certificat, aucun diplôme n'est nécessaire officiellement pour exercer le métier de journaliste. Nombre d'entre eux sont d'ailleurs autodidactes. Il y a même une sorte de rivalité entre les journaleux des écoles reconnues et ceux « fait main, à force de ». Les premiers sont présentés comme étant trop formaté. Il leur est reproché d'être trop prévisible dans leur manière de travailler, ce qui dans le cadre d'une recherche d'un traitement différent de l'actualité est un inconvénient. Les autres plus atypiques séduisent par leurs parcours et le potentiel d'idées nouvelles qu'ils sont censés amener. Leur travail est au départ pourtant plus aléatoire et nécessite plus d'encadrement. Cela n'est pas forcément un bon point lorsqu'il s'agit d'être réactif au sein d'une rédaction (d'un quotidien par exemple).

Si ce métier a permis à certains de se lancer sans passer par une école, il ne me paraît pas saugrenue de s'interroger sur la persistance de cette originalité. Un professionnalisme accrue laisse en effet supposer que les règles élémentaires sont parfaitement acquises. Ce sont ces personnes-là (ceux ayant été à l'école) qui selon moi contrastent le plus avec les écrits et la démarche des blogueurs. C'est pour cette raison que j'imagine (avec un peu de regret) qu'ils seront de plus en plus courtisés pour  assurer au journalisme un avenir serein.

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14 mai 2008

La presse en vente dans les GSS

Je suis surpris de constater qu'une grande surface ait l'autorisation de vendre la presse sportive.

Pour tout vous dire je ne sais pas trop quoi en penser. Est-ce plutôt une bonne chose de permettre à la presse de développer ses points de ventes, où doit-on voir cela comme une hérésie ? Les librairies voient-elles cela d'un bon oeil ?

Pourquoi dans ce cas ne pas vendre la presse culturelle au cinéma, au théâtre, au musée..., people chez les coiffeurs, dentistes, médecins... , automobile chez les concessionnaires et réparateurs... ect !?

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07 mai 2008

Le journalisme et la pédagogie

Un aspect que l'on oublie parfois dans le journalisme c'est le côté pédagogique, car on rédige pour être lu, mais surtout pour être compris.

enfant_globeRien ne sert en effet de se lancer dans une prose qui découragera les lecteurs. Cela peut paraître évident, mais selon qu'un article sera publié sur Les Echos, Le Monde ou 20 Minutes les références culturelles, le vocabulaire et la mise en page seront bien distincts.

Le journaliste doit adapter ses écrits pour permettre aux lecteurs de lire aisément ses articles. Le rôle d'un journaliste c'est entre autre de transmettre des informations et donc veiller à ce que celles-ci puissent être parfaitement assimilées. Selon que l'on écrive pour un lectorat expert ou non, une même information ne sera alors pas déclinée de la même manière. Mais une information ne se transmet pas uniquement par du texte. Sur Internet il est possible d'utiliser la panoplie complète des moyens d'informations (texte, vidéo, son...). Comme je l'écrivais dans le billet précédent, la tendance c'est d'aller vers le rich média.

Le rich média et utilisé pour expliciter et approfondir un sujet. Si cela peut paraître être une nouveauté pour l'information en ligne, il n'en est rien ailleurs. Ainsi c'est une méthode que les enseignants utilisent fréquemment et depuis longtemps pour aborder des thématiques comme l'histoire ou la géographie. En effet il leur est possible d'utiliser le texte (tableau, livres), des graphiques, des cartes en relief, des photos, des frises chronologiques, de la vidéo, du son pour apporter à leurs cours un attrait supplémentaire et obtenir une compréhension optimale. Cette technique pédagogique est aussi utilisée dans de nombreux musées et expositions. Le Palais de la Découverte par exemple propose de s'instruire à travers des parcours ludiques et interactifs. Pour cela il permet aux visiteurs de participer à différentes expériences et met à profit nos cinq sens si besoin est pour apprendre, comprendre et assimiler au mieux.

Désormais il y a donc une volonté des médias en ligne de parvenir à en offrir plus. Toutefois, si le magazine GEO a opté pour cette démarche ça n'est pas complètement un hasard. Cette méthodologie demande un surcroit de travail et il est seulement intéressant de travailler ainsi si le thème traité est complexe. Comme le disait Alain Joannès dans la vidéo précédente, cette technique n'apporterait rien pour la météo (la simplicité et parfois plus adéquate). Un autre aspect que je trouve positif dans cette démarche, c'est qu'elle oblige à fouiller, à enquêter et à analyser un peu plus une information. Si cela peut permettre d'offrir une autre alternative que la rapidité et la recherche du scoop qui ces derniers temps ont pas mal contribué à décrédibiliser les journalistes et bien tant mieux !

Le truc en plus : cette photo est extraite du site web de la cité de la voile Eric Tabarly. L'onglet pédagogie comporte trois rubriques : pour expérimenter, pour comprendre et partager le plaisir de naviguer.

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02 mai 2008

Le rich média ou comment 1+1 = 3 !

Que le tout fasse plus que la somme des composants (A.J*) !

C'est à mes yeux la définition qui me semble la mieux correspondre à l'intérêt qu'apporte le rich média. Pour qualifier plus précisément le rich média, je dirais qu'il s'agit de l'action d'illustrer une information en exploitant de la meilleure manière qui soit les moyens disponibles (vidéo, son, vidéo, graphisme, texte, photo...).

Il y a quelque temps j'avais évoqué (ici) le webreportage de chez GEO. J'avais alors tenté de définir la notion de transjournalisme qui est l'essence du webreportage. C'est un autre terme utilisé finalement pour désigner la même chose que le rich média.

Mon texte de l'époque : Le transjournalisme est au journalisme ce qu'est la troisième dimension au dessin ! Cette nouvelle manière de pratiquer le journalisme permet de mettre en relief les informations. A l'aide des outils que propose Internet, il est désormais plus facile d'offrir aux lecteurs des contenus riches et variés. C'est en multipliant les sources d'informations (vidéo, photo, son, texte) qu'il est possible de rendre un sujet vivant, attractif et plus dense.

Le Rich média c'est la nouvelle valeur ajoutée du journalisme (A.J*) !

Rich média plus média en berne égal renouveau et dynamisme du journalisme ? Les choses ne sont peut-être pas si simple mais il s'agit sans doute d'une voie à exploiter pour aller en ce sens. Philippe Couve (de l'Atelier des Médias sur RFI) dans mon billet précédent déclarait à peu près la même chose «Est-ce que le journaliste doit savoir tout faire ? Je pense que oui ! Je m'occupe au CFPJ de la spécialisation au multimédia. L'idée n'est pas qu'il fasse tout en même temps mais qu'il sache faire de la vidéo simple, des photos, du son et écrire pour le web». En gros un journaliste ne devrait plus uniquement penser en terme d'écriture, de photo ou de vidéo mais devrait perpétuellement s'interroger sur le canal le plus approprié pour diffuser une information afin que celle-ci soit la plus explicite et informative.

Je pourrais développer encore et encore mais il me semble désormais plus approprié (rich média oblige) de vous laisser regarder l'interview ci-dessous d'A.J* réalisé par François Guillot, Emmanuel Bruant et Mike que vous retrouverez sur le blog Internet & Opinion(s).

Le_journalisme___l__re__lectronique_BIS* Alain Joannès (son blog : Journalistiques) est journaliste depuis 1961. Localier dans la presse régionale, secrétaire de rédaction, grand reporter, éditorialiste politique, mais aussi analyste économique, critique de télévision et critique musical. Il a travaillé dans la presse écrite quotidienne, hebdomadaire et mensuelle, à la radio, à la télévision et sur Internet. Producteur et animateur de plusieurs magazines radiophoniques et télévisés, c'est lui qui a mis en place la Webradio d'Arte. Actuellement journaliste économique, il est également consultant en veille stratégique et en communication interactive.

Aux éditions Dunod, il est l'auteur de Communiquer par l'image et aux éditions Vuibert du livre Le journalisme à l'ère électronique. Le descriptif ci-dessus provient de la quatrième de couverture de son dernier livre .

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