25 avril 2008
Le web, sauveur ou fossoyeur du journalisme ?
Cette question qui ne présente que deux alternatives était le thème du débat organisé par le SNJ (Syndicat National du Journalisme) au CFPJ (Centre de Formation Pour les Journalistes) hier soir.
Quatres journalistes travaillant pour le web y ont été invité pour partager leur point de vue.
Etaient présent (de gauche à droite sur la photo) :
- Vincent Nouzille, journaliste à Bakchich
- Philippe Couve, journaliste à RFI, à l’origine de l’Atelier des médias
- Philippe Cohen, rédacteur en chef de Marianne2.fr
- Gérard Desportes, journaliste à Médiapart
Présentation du débat :
“Les sites de presse, dépendant d’une rédaction «traditionnelle » ou autonomes, se sont déployés et multipliés depuis un an, cependant que nos conditions de travail continuaient à se détériorer, quelle que soit la forme de presse, quel que soit le support sur lequel nous travaillons. Comment nous sommes-nous appropriés ce nouveau média ou comment pouvons-nous encore le faire ? Faut-il en attendre le pire ou le meilleur ? "
La soirée pourrait se résumer en deux thèmes distincts.
Tout d'abord sur des questions et des interrogations sur les aspects financier liés au web
G.Desportes - « Nous avons fait un pari un peu différent des autres sites, puisque nous avons choisi de dire que ce qui a un coût a un prix ! Internet même si c'est un peu moins cher que le papier, ça a un prix ! Aujourd'hui installer un logiciel d'édition, installer une ligne et des serveurs qui tiennent le coup, payer des gens qui vont faire la maquette ect, tout cela a un coût. C'est pour cela que nous avons choisi une formule avec abonnement. Chez Médiapart il n'y a que des salariés. On est 29 et il y a 26 journalistes. Tout le monde est en CDI sauf 4 personnes et l'échelle des salaires est de un à trois.
Je vais parler d'autre site et notamment de Rue89. Ils sont soit obligés de se payer avec les Assedics ou de vendre le savoir faire de leur marque pour faire des sites de conseils généraux. Je ne suis pas sûr que la vocation des sites indépendants des pouvoirs politiques et financiers ce soit de fabriquer un site pour un conseil général, fût-il du parti socialiste. Tout cela pour dire qu'il y a beaucoup d'hypocrisie dans la situation dans laquelle on est.
On assiste à un effondrement des masses salariales et des statuts lorsqu'ils existent. C'est d'autant plus problématique que l'on peut considérer que l'émergence de ces sites internet, y compris ceux qui sont adossés à des médias traditionnels ont eu un effet néfaste même sur le support papier. Il est évident que des quotidiens tels que Libération ou Le Monde ont grâce à leur site une diffusion bien supérieure. Autre hypocrisie, c'est que l'article qui se retrouvera sur le site web sera payé par les personnes qui auront acheté le journal. Pour les patrons de presse c'est tout bénéf, mais cela c'est fait finalement au détriment du papier. Ce qui m'inquiète aussi c'est de voir que du coup plus personne n'envoie de journalistes sur le terrain pour faire de l'enquête et du reportage.
Nous (Médiapart) on pense qu'un système basé sur l'audience est un système très mauvais car, il nécessite d'avoir beaucoup d'audience pour avoir beaucoup de publicité. A ma connaissance un site comme Rue89 a rentré les meilleures mois 30 000 euros de publicité et c'est très largement moins que ce qu'il faut. Il y a des mois il ne fait que 1000 euros donc il est évident que ça ne peux pas fonctionner. Un jour peut-être que cela marchera mais le risque c'est que l'audience et donc la rémunération se fasse sur une actualité people et peut-être pas sur ce sur quoi on est généralement attendu à savoir une information de qualité ».
P.Cohen - « Je pense que c'est un peu déraisonnable de figer les choses. C'est à dire que G.Desportes a décrit une situation qui est celle d'aujourd'hui. Le coût lié à un certain nombre de consultations a un prix aujourd'hui qui n'est pas celui d'hier et qui sera certainement différent demain. Pour donner un exemple, la radio est un média qui a un fort taux de confiance en terme de qualité d'information. Hors que je sache elles fonctionnent majoritairement avec de la publicité. Moi ce que j'ai pu constater en ayant travaillé à Marianne1 et Marianne2, c'est que pendant très longtemps on a été sanctionné. On a eu au départ zéro publicité à cause du ton et de l'esprit du journal notamment par la grande distribution. On a été blacklisté ! Aujourd'hui ce que l'on constate c'est que sur le net les choses sont à la fois plus faciles et moins directement liées. On fait à peu près la moitié de l'audience de Rue89 selon Médiamétrie au mois de mars. Rue89 a été coté à 685 000 VU (Visiteurs Uniques) et Marianne à 365 000.
On a passé un contrat avec une régie dont le système tel qu'il est organisé aujourd'hui, ne permet pas aux annonceurs de savoir dans quels médias ils annoncent. Elle propose des « blows », c'est à dire qu'elle va voir les annonceurs pour leur vendre du millions de pages vues de « blow cadre », « blow jeune » ou « blow femme ». La pression publicitaire telle que on l'a connu dans le papier ne peut même pas exister.
A côté de ça je reconnais qu'il y a des problèmes. Par exemple si je fais un article sur la grève du Monde ou sur les Echos, je vais avoir 1500 ou 2000 visites maxi. Alors que si j'écris sur Marion Cotillard, Carla Bruni ou sur le SMS et bien ça va dépoter. Donc il y a un dilemme. Moi je ne suis pas là pour faire des papiers sur le SMS mais voilà je suis obligé de jouer un peu sur les deux. Mais je ne crois pas que les journaux papier ne soient pas également fondés sur des compromis entre les aspects séduisants et importants de l'information. Nous sommes aujourd'hui une demi douzaine à travailler à Marianne2. Après six mois d'activité nous avons un chiffre d'affaire par mois qui doit être entre 15 et 20 000 euros. Soixante-dix pour cent provient de la recette publicitaire et le reste c'est de la recette de revente. Mais grâce à Marianne2 il y a des gens qui s'abonnent au papier ».
P.Couve - « Je vais ajouter quelque chose qui me semble important. Quand on regarde un quotidien on trouve des pages qui coûtent chères à produire (enquêtes, reportages...) et d'autres beaucoup moins (tiercé, jeux...). Aujourd'hui sur Internet on ne produit que des informations qui coûtent chères. Personne ne veux faire des pages de services. Hors pour le papier les pages chères et moins chères forment un prix moyen à la page».
V.Nouzille - « Je vais dans le sens de ce qu'a dit P.Cohen. C'est à dire qu'aujourd'hui on ne sait pas trop quel modèle économique va s'imposer. On peut avoir des surprises. Par exemple il y a quelques mois on ne pensait pas trop que l'on allait pouvoir revendre notre contenu. On est gratuit mais on est en accord avec des journaux qui nous demandent de pouvoir reproduire une partie de nos articles. Ce n'est toutefois pas là-dessus qu'il faut compter pour fonctionner. Actuellement cela fait dix pour cent de nos revenus. Tout ça pour dire que l'on n'a peut-être pas encore exploité toutes les solutions possibles de financement. Les journaux en ligne non liés à un grand nom sont d'une fragilité économique extrême. Ça n'est pas les petits sites qui tentent d'émerger qui vont affaiblir la presse. Si elle souffre c'est d'abord de ses propres défauts ».
Et puis sur un plan plus technique, c'est à dire sur le traitement de l'information sur le net et sur l'évolution du métier.
P.Cohen - « J'ai l'impression que les sites qui sont adossés à des journaux ont une plus grande liberté de ton. A Marianne moi j'essaye de développer le slogan qui n'a pas été validé par la direction mais que j'aime bien qui est : Marianne2 c'est Marianne en plus net ! Une idée que je suis amené à moduler un peu, c'est l'interactivité dans les commentaires. On doit recevoir des milliers de commentaires chaque semaine. Il y a de tout ! Le problème c'est qu'ils peuvent être racistes, antisémites ou insultants. C'est un gros problème juridique que l'on peut avoir et qui coûte cher car la modération automatique ça a un coût. Mais en dehors de ça le journaliste qui fait une erreur, il a une heure ou une demi-heure après un commentaire lui disant « Ah tu t'es trompé, t'es nul » ! De ce point de vue là je pense que cela peut-être intéressant mais en ce moment on en est qu'à des constats qui peuvent être contradictoires entre certains aspects que je trouve séduisants et certains aspects que je trouve inquiétants ».
P.Couve - «(répondant à une personne dans la salle) Est-ce que le journaliste doit savoir tout faire ? Je pense que oui ! Je m'occupe au CFPJ de la spécialisation au multimédia. L'idée n'est pas qu'il fasse tout en même temps mais qu'il sache faire de la vidéo simple, des photos, du son et écrire pour le web. Ensuite si il a un domaine d'excellence et bien tant mieux il ne peut pas être bon dans tous les domaines.
On parle depuis tout à l'heure d'un journalisme low-cost. Mais je pense qu'il ne faut pas raisonner comme cela. Il faut regarder comment les gens aujourd'hui accèdent à l'information et là il y a quelque chose qui a fondamentalement changé en l'espace de quinze ans. L'univers dans lequel on évolue a changé et donc notre rôle aussi. On n'est plus les seuls, on n'a plus le monopole de l'information. Aujourd'hui n'importe qui est capable de diffuser de l'info sur une web-radio, sur un site ou un blog pour pratiquement rien. On n'a plus besoin d'un journaliste pour être informé. Je ne dis pas que l'on sera bien informé mais je dis que moi je peux aller chercher des informations et les recouper sans passer par un site tenu ou écrit par un journaliste.
Je vais rebondir sur ce que disait tout à l'heure P.Cohen. Je pense qu'aujourd'hui on en est à un âge infantile de la participation. C'est à dire que l'on attend de la participation uniquement des commentaires sous les articles. Et là ou le journaliste juge de la qualité des commentaires, c'est uniquement en sachant si il a fait une bonne brève ou un bon papier. Hors ce n'est pas ça selon moi la participation. Par exemple on peut trouver des personnes capables d'apporter dans les commentaires un complément d'information à l'article mais ça peut prendre également d'autres formes ».
V.Nouzille - « Concernant les commentaires je pense qu'il peut y avoir des frictions, des frottements dans les opinions mais je trouve cela très sain. Votre papier d'une certaine façon il vous échappe totalement car, il continu, il a une autre vie en étant repris sur des blogs et d'autre sites et quelque part vous n'êtes plus propriétaire de ce que vous avez écrit. Il peut y avoir dix fois plus de commentaires ailleurs que sous votre propre article ».
Plus d'infos : Samsa (Web et journalisme le débat organisé par le SNJ) et Novövision (Face au net des journalistes désemparés)
24 avril 2008
Blogueur en 68...
Comment un tel événement aurait-il été vécu si les blogs et précisément Internet avaient été ce qu'ils sont actuellement ? Je dirais que c'est à la fois facile et difficile de répondre à ces questions.
Facile de répondre car, j'estime qu'un certain nombre de situations peuvent être comparées. Les étudiants à l'identique de leurs parents ou grand-parents manifestent un peu partout en France. Ensuite ceux-ci expriment un mécontentement certain vis à vis de la presse (voir mon billet à ce sujet). Comme à l'époque elle est accusée de ne pas soutenir leurs revendications et d'être plutôt à l'origine de contre-vérités. Les étudiants actuels boycottent les infos tout en étant accros aux écrans et au numérique.

Le gouvernement en place est critiqué et les français sont préoccupés par leur avenir, le pouvoir d'achat et le flou des réformes. Le premier ministre a d'ailleurs déclaré manquer de visibilité dans le travail qui lui est demandé. Les anciens tirent la langue avec des retraites au compte-gouttes. Les actifs s'accrochent mais ne se font guère d'illusion sur leur avenir. Les cadres déclarent vouloir passer de plus en plus de temps avec leur famille. Ils travaillent mais désormais la qualité de vie passe avant tout, le rêve n'y est plus vraiment ! Il n'est pas non plus exclu de voir un sportif lever le poing aux JO...
Bref la situation est loin d'être rose et l'avenir guère mieux. L'idée qu'il faudrait qu'une révolte, que dis-je qu'une révolution pointe son nez chez nous, a de moins en moins de détracteurs. Après la pluie le beau temps parait-il ! Après l'hiver le printemps celui-ci déclarant de manière officielle la résurrection du Flower Power et d'un avenir meilleure ! Certe tout cela est un brin utopique...

Difficile de répondre car, c'est bien connu avec des si on referait le monde. Dans le fond qu'est ce-qui aurait véritablement changé si les d'jeuns de l'époque (mes parents quoi) avaient été accros aux portables, à l'Internet et aux blogs ? St-Germain-des-Prés n'aurait-il pas été envahi par une horde de manifestants. Les salariés ne se seraient-ils pas transformés en grévistes ?
J'imagine qu'une quantité impressionnante de témoignages, de vidéos, de buzz en tous genres prônant la révolution culturelle seraient en ligne. Dany le rouge ferait parti des mots clefs les plus recherchés sur Google et aurait son profil facebook. Les forums de discussions afficheraient des records de connexions et les débats y seraient animés. La rapidité des communications faciliterait l'organisation des lycéens, des salariés et... des policiers. La surinformation comme elle existe aujourd'hui serait également de la partie et la compréhension globale n'en sortirait certainement pas indemne.

Mais finalement les choses auraient-elles été vraiment différentes ? La situation actuelle m'amène à penser que cela n'auraient dans le fond rien changé. Les étudiants d'aujourd'hui ne sont pas mieux lotis. Souvent je me pose la question de savoir comment j'aurais moi même vécu cette époque. Certainement que je n'aurais pas été le dernier à me délester de quelques pavés sur les brigades de CRS. Juste comme ça pour le fun et pour l'adrénaline. Certainement aussi pour défendre l'idée d'une révolte et pour rêver un peu comme beaucoup de jeunes à un avenir plus joyeux et moins contraignant.

J'aurais alors publié des billets sur les manifs et n'aurais pas hésité à m'infiltrer ici et là pour être dans le feu de l'action. Vous auriez certainement vu et entendu des compte-rendus sur ce blog des mouvements de grèves qui ont eu lieu dans l'usine Renault de Boulogne-Billancourt car, c'est à côté de chez moi.
Enfin penser à cette euphorie telle que je me l'imagine aujourd'hui m'amuse. Certainement que je rêve un peu de revivre cela, que je fantasme sur cette époque qui malgré tout n'a pas du avoir que des bons côtés. En parlerai-je d'ailleurs de la même manière si j'avais été étudiant en 68 ? C'était vraiment mieux avant ?
Le truc en plus : Arte propose un blog "68bis" dont le thème m'a inspiré fortement...

22 avril 2008
Francis Pisani me répond sur RFI
Francis Pisani est journaliste (son blog : Transnets). C'est le spécialiste des TIC (Technologies de l'Information et de la Communication) pour le journal Le Monde. Il répond à mes questions dans l'émission de radio "l'Atelier de Médias" sur Radio France International animée par Philippe Couve.
- M.Pisani vous avez lors de votre conférence au CFJ (Centre de Formation des Journalistes) déclaré que les journalistes étaient amenés à devenir des médiateurs de conversation. Qu'entendez-vous exactement par là ? (la réponse est donnée au bout de 13.96' de l'enregistrement de l'émission)
- Une question revient souvent : les blogueurs sont-ils journalistes ? Pour ma part je pense que non. Par contre j'ai voulu savoir si les journalistes étaient des internautes (blogueurs était trop restictif). Après un petit sondage que j'ai réalisé auprès des salariés du groupe France Télévisions, je me suis aperçu que peu d'entre eux étaient au courant des termes et du vocabulaires de l'Internet. Comment expliquez-vous cela ? (la réponse est donnée au bout de 2.18' du bonus de l'émission)
Vive les hommes passager...
Décidément le débat hommes / femmes au volant est un sujet à la mode !
17 avril 2008
Vive les femmes au volant !
Tout un programme...
Vive les femmes au volant est un nouveau site web plutôt original lancé par la société Point S (réseau d'entretien automobile). La particularité de ce site hormis le fait de s'adresser aux femmes (ce qui est bien entendu rare en automobile) c'est qu'il se veut anti-macho ! Le mot d'ordre est "Faire évoluer les mentalités sur les femmes au volant".
Pfff ça va encore mettre de l'ambiance dans les couples cette histoire...
Le site n'est pas commercialement raccoleur. L'objectif principal (je crois) est de réveiller l'esprit féministe qui sommeil en vous !
Pfff quelle drôle d'idée ! Comme si on pouvait pas le laisser dormir ! Enfin pour une fois que vous en avez de l'esprit...
Ce qui m'a le plus amusé ce sont les répliques aux boutades de ces imbéciles de mecs... Preuve en est ces quelques lignes du permis de répondre. La vidéo est aussi très significative de l'esprit du site.
Mesdames c'est désormais à vous de jouer...(on n'a pas finit d'en ch...)

14 avril 2008
Parlons-en des médias !
J'ai découvert il y a peu l'Atelier des médias. Vous aurez d'ailleurs sûrement noté (puisque vous êtes des lecteurs attentifs...) l'apparition dans la colonne de gauche d'un lien s'y référant. L'Atelier des médias c'est une communauté de personnes ayant un intérêt pour l'étude des pratiques et des bouleversements du journalisme. Sous la forme d'un site web participatif, de nombreux sujets y sont abordés sur le fond et la forme du journalisme tel qu'il se présente actuellement mais aussi sur ses évolutions.

Philippe Couve en est le principal rédacteur. Celui-ci anime cette communauté dans le but de rechercher et d'approfondir des angles intéressants à traiter lors de son émission quotidienne sur RFI (Radio France International). Cette web-émission participative a du fait de sa diffusion sur RFI l'avantage d'attirer les internautes d'autres pays. L'Atelier des médias joue également la carte du pluri-média en diffusant des podcasts, des vidéos, des photos et des articles dont les contenus sont souvent propices à la réflexion. J'aime vraiment la ligne éditorial du site car, les sujets y sont abordés avec beaucoup de recul par les différents intervenants.

Découvert il y a peu aussi sur ce site l'existence d'une même communauté en Belgique. Là le site s'appel Intermédias. Le fonctionnement y est similaire puisqu'il s'agit de préparer et de réagir à des sujets de l'émission diffusée sur la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone). Les contenus et les réactions sont plus locales mais elles restent de bonnes factures.
11 avril 2008
Manifestation étudiante à France Télévisions
Les étudiants se sont donnés rendez-vous aujourd'hui devant France Télévisions pour défendre leur point de vue dans les médias. Hier ils étaient 40 000 selon le syndicat lycéen UNI, 19 000 selon la police à défiler dans les rues de Paris pour protester contre les suppressions de postes prévues à la rentrée par le ministre de l'Education M. Xaviez Darcos.
Melle Narges en seconde au lycée Romain Rolland d'Ivry sur Seine. « Aujourd'hui on est venu pour dire que nous ne sommes pas d'accord et qu'il faut que les médias assurent leur rôle ! Lorsqu'ils interview M.Darcos les questions ne sont pas vraiment pertinentes. A la télé ils n'expliquent pas vraiment le problème. A chaque fois on entends « les jeunes manifestent contre les suppressions de postes ». Il y a énormément de gens qui ne savent pas pourquoi, alors que pour moi le rôle d'un journaliste c'est d'informer. C'est pour cela que l'on essayent d'expliquer aux médias que sans leur aide on ne va pas pouvoir s'en sortir. On essayent d'avoir une autre alternative que de bloquer, que d'aller au rectorat et c'est pour ça que l'on est ici aujourd'hui. On est aussi venu pour montrer que nous ne sommes pas des casseurs et que nous savons également faire des choses pacifistes ».
Et vous souhaiteriez quoi exactement de la part de France Télévisions ?
« On aimerait que les gens puissent comprendre que l'état ne peut pas se désengager aussi facilement. Les médias devraient expliquer le rapport Pochard, le fait que l'Etat supprime le bac L, le fait que des postes soient supprimés, que des options disparaissent ainsi que la carte scolaire. Je pense que cela intéresserait vraiment les parents de savoir ce qui passe ».

Des professeurs étaient également présent à cette manifestation.
Qu'est-ce qui vous pousse à suivre les étudiants ?
Chantal Bourvic enseignante en science physique au lycée Romain Rolland (et conseillère générale à la mairie d'Ivry) « J'accompagne, je ne suis pas ! Nous sommes dans une bataille commune, on est ensemble dans une action qui nous motivent tous ! Dans notre établissement ils vont supprimer des postes et des heures d'enseignement qui conduisent à ce que nos options ne soient plus assurées avec la qualité souhaité. Les classes de terminales vont être à trente cinq sans avoir la possibilité d'accueillir des élèves redoublants. Du coup on pense que ensemble on ne peut pas laisser faire. Aujourd'hui les enseignants ne sont pas en grève et il n'y a que ceux qui pouvaient être disponible qui sont venus. Hier nous étions 80% le matin et 60% l'après-midi à être en grève ».
Jusqu'où être vous prêt à aller pour défendre ce mouvement ?
« Je ne peux ni dater ni donner l'ampleur des actions que nous allons être capable de mener. Ce que je peux dire c'est que aujourd'hui, M.Darcos reçoit les jeunes et j'espère qu'il entendra notre bataille, ce pourquoi on est dans l'action. Après cela dépend plus de lui que de moi ».
Seriez vous prêt à ensuite récupérer les heures perdus ?
«Vous savez j'ai été de ceux qui étaient dans l'action contre Allègre, on a même été le lycée qui a pénétré dans le musée où il y avait les dinosaures ! Ce que je sais c'est que pendant les périodes du CPE, nous avions des méthodes de travail. On distribuait des documents pour que les élèves continuent à travailler. Les années où l'on a eu les meilleures scores ne sont pas forcément les années où l'on a eu le moins de jour de grève».
Que pensez-vous de ceux qui disent que les lycées de Paris sont favorisés par rapport à ceux de banlieue ?
« Je n'ai pas la carte en tête mais il me semble que les suppressions sont beaucoup plus marquées autour de Paris. Cela étant c'est pas le problème cette affaire que d'essayer de nous mettre en rivalité les uns par rapport aux autres. Si les lycées parisiens ont aujourd'hui les moyens qu'ils ont et qu'ils les gardent et bien je dirais tant mieux. La seule chose que je souhaite c'est que nous, on ne les perdent pas et que au contraire, si ils en avaient plus que nous par le passé et bien que l'on obtienne les mêmes moyens qu'eux. Je ne suis pas pour une rivalité et cela a conduit à voir le classement des établissements scolaires. C'est complètement factice, c'est mettre les gens en compétitions et c'est pas du tout mon esprit ».
Ne pensez-vous pas que ce genre d'évènement peut conduire les parents à inscrire leurs enfants dans des écoles privées ?
« De toutes façons l'angoisse des parents elle est la même partout. On a toujours l'impression que le meilleure est ailleurs. Moi ce que je dresse comme bilan, c'est que l'on est limitrophe à Paris. Les Ivryens cherchent à aller dans le treizième et ceux du treizième dans le cinquième et ceux du cinquième...
Les journalistes sont-ils internautes ?
Une question revient souvent actuellement : les blogueurs sont-ils journalistes ? Il est évident que non ! Le métier de journaliste exige des compétences que n'ont pas forcément les blogueurs.
A contrario j'ai voulu savoir si les journalistes étaient tous des internautes (blogueur aurait été trop restrictif). J'ai donc réalisé un petit sondage auprès des salariés du groupe France Télévisions. Pour cela je les ai interrogé sur des termes propres à l'internet.
J'ai également eu le plaisir de retrouver une élève de ma formation de journaliste qui travaille pour FR3. Elle m'a proposé gentillement d'aller aujourd'hui dans leurs locaux afin de m'entretenir avec ses collègues sur le travail qui est effectué actuellement sur le développement de ce que l'on appel le plurimédia. Il s'agit en quelque sorte de proposer des contenus sur le web de qualité en s'appuyant sur l'ensemble des outils que le net permet de mettre en oeuvre. J'espère pouvoir y apprendre des choses que je pourrais par la suite développer sur ce blog.
Libération gratuit... aujourd'hui !
Exceptionnellement le quotidien Libération sera gratuit aujourd'hui. Il vous faudra toutefois vous munir ce coupon que vous devrez découper avant de le présenter. Il a été édité à 500000 exemplaires.

Cette opération n'a qu'un objectif, celui de le mettre entre les mains du plus grand nombre de personnes. Il n'est pas question de le vendre à perte ! Celui-ci s'appuiera donc sur la publicité pour être publié. Des annonceurs (comme Disney) sont donc en quelque sorte les partenaires de ce numéro.
A cet occasion le quotidien n'a pas hésité à faire de la publicité à la radio et dans la presse papier. Anecdote amusante, on retrouve un encart et de la publicité pour cette opération de promotion dans le quotidien gratuit Métro. Caroline Brun (présidente du comité éditorial de Métro) déclare “Quelle reconnaissance pour Metro au contraire. Que Libé fasse sa pub chez nous, en soulignant l’avantage comparatif, façon campagne Leclerc, c’est la gloire”. De son côté Denis Pierrard (Directeur général de Libération) y voit un clin d'oeil “Pour nous, cette publicité est un clin d’oeil. Nous croyons que la presse gratuite et la presse payante ont chacune leur place, chacune leur type de produit”, a t'il expliqué à l’AFP.
10 avril 2008
Newsmap
Il existe un outil très sympa pour suivre l'actualité ! Il s'appel Newsmap ! Il faut pour cela se rendre sur le site de Marumushi. Il vous permet de répondre aux questions suivantes :
- Quelle information en France, en Italie, aux Etats-Unis, en Australie, dans le monde... est la plus commentée sur Google news en ce moment, aujourd'hui, hier, la semaine dernière ?
- Quelle part prends l'actualité française par rapport à celle allemande sur le net et anglaise par rapport à celle espagnole ?
- Quels sont les domaines les plus abordés (économie, santé, sport, international, business...) ?








